Présentation

UN PEU D’HISTOIRE…

Au temps du romantisme, cette maison appartenait à Bertin l’Aîné (1776 – 1841), mécène et directeur du Journal des Débats.


De 1815 à 1841, son salon littéraire attira tout ce que le monde politique et des arts comptait de plus éminent : Chateaubriand, Berlioz, Ingres, Liszt… Chateaubriand, ami de longue date de la famille Bertin, venait en voisin de la Vallée-aux-Loups.

Louis-François Bertin, gravure du tableau d’Ingres

L’hôte le plus illustre fut incontestablement Victor Hugo, qui séjournait au Château des Roches chaque fois qu’il le pouvait. Hugo, sa femme, ses enfants, prenaient le coche place des Vosges (alors place Royale) et descendaient à Sceaux d’où une correspondance les conduisait à Bièvres.

Victor Hugo par Léon Noël, 1832

Ils étaient chez les Bertin comme chez eux ; le poète s’isolait pour écrire ou allait se promener dans la vallée de la Bièvre et dans les bois de Verrières. Il composait des poèmes, qui furent publiés dans Les Feuilles d’automne, Les Chants du crépuscule, Les Voix intérieures et Les Rayons et les ombres.

Léopoldine, Adèle, Charles et François-Victor, dessins de Mme Hugo

Histoire du domaine des Roches

Le hameau des Roches au XVIIIe siècle

Le village de Bièvres attire dès le XVIIIe siècle une population aisée, venue de Paris ou de Versailles souhaitant trouver espace, calme et verdure. Le village se développe notamment par le drainage des eaux chargées d’alimenter les rivières et jeux d’eau de Louis XIV en son domaine de Versailles. Ainsi, plusieurs châteaux sont construits à Bièvres : la Roche-Dieu, la Martinière, Bel-Air, Silvy.

Le Domaine des Roches constitué par les Bertin (1808-1877)

Le journaliste Louis-François Bertin, directeur du Journal des débats, achète le 6 avril 1808 le domaine, nommé les Roches ».
Bertin acquiert alors une maison de maître, 9 maisons avec leurs dépendances (écurie, étable, communs…), des prés, des bois et des terres en friche.

À partir de ce premier achat, Bertin entreprend l’unification de son domaine en rachetant ou échangeant des terres.

Bertin met en œuvre des moyens fonciers pour constituer un parc inspiré des jardins romantiques. La présence de l’eau est particulièrement importante. Les Roches offrant une vue sur le lointain, une absence de limites physique entre le parc et le paysage et une abondance de l’eau grâce au passage de la Bièvre. Toutefois, les eaux polluées de la rivière en raison de l’implantation en amont des usines des toiles de Jouy, et la stagnation des eaux à certains endroits, posent un sérieux problème de salubrité.

Bertin le résout en canalisant la rivière : des sources alimentent une pièce d’eau qui se vide dans la Bièvre canalisée en cas de trop plein.

Les Roches vers 1905
Les Roches vers 1905
Le château des Roches à Bièvres
Auteur
Lambinet Émile (1815-1877)
Le château des Roches à Bièvres
Auteur Lambinet Émile (1815-1877)

Dans sa lettre du 14 mai 1840 à Louise Bertin, Victor Hugo écrit, à propos du parc : « Vous n’avez pas vous, qui êtes tout heureuse là-bas, seulement un beau moment, vous avez une belle vue. Vous avez le printemps, les lilas, les faux ébéniers, la campagne aux fleurs ; nous, nous avons Paris pourri… » (Lettres de Victor Hugo aux Bertin 1827-1877).

Le château des Roches : les transformations des Graux-Marly (1877-1896)

A la mort de Louise Bertin, Louis-Joseph Graux, fondeur en bronze et orfèvre, et son épouse Josèphe-Pauline Marly, deviennent propriétaires du domaine le 7 août 1877.

Durant leur occupation des lieux, les Graux-Marly vont amener des transformations pour anoblir la propriété, la maison de campagne et la basse-cour devenant respectivement « château » et « faisanderie ». Ainsi, la maison des Bertin est amputée d’une partie au nord et agrandie côté sud. Le 2ème étage est certainement surélevé et la terrasse monumentale côté sud aménagée au même moment, tout comme la tour en ruine que l’on peut encore observer aujourd’hui.

Le Domaine sous les Barbet-Massin (1896-1968)

A la mort de Jean-Baptiste Louis Graux, le domaine est vendu le 29 juin 1896 à Jules Barbet-Massin. Quatre générations vont se succéder aux Roches. Jules Barbet-Massin finalisera l’unification de la propriété en acquérant, en 1912, la petite maison du hameau des Géninets.

Pendant la guerre, le château est occupé par les SS et la Weimar. A la Libération, les Américains logent au domaine.

En 1966, le site fut inscrit au titre des sites et le château référencé à l’inventaire général du patrimoine architectural français en 1987[1].

Division et réunification du Domaine (1968-1989)

En 1968, le domaine est divisé, les héritiers Barbet-Massin cédant les parcelles avec le Château, la faisanderie et la maison du gardien, et conservant les 2 parcelles situées de part et d’autre (celle de l’étang et celle des communs).

En mai 1989, l’association SGI France (Soka Gakkai Internationale France) aujourd’hui ACSF (Association culturelle Soka de France) acquiert le Château, la faisanderie et la maison du gardien puis réunifie le domaine quelques mois plus tard en achetant les parcelles contenant l’étang, la tour en ruine, la petite maison, les communs, les serres et la maison dans le potager.

La Maison Littéraire de Victor Hugo

Sous l’impulsion de Daisaku Ikeda, président de la SGI, philosophe, écrivain et homme de paix japonais, une grande campagne de restauration du château est entreprise pour en faire un lieu dédié à l’œuvre de Victor Hugo, le plus illustre des invités de Bertin l’Aîné, qui organisa de 1815 à 1841 un salon littéraire  avec des artistes dont Charles GounodHector BerliozJean-Auguste-Dominique IngresFranz Liszt et François-René de Chateaubriand qui résidait non loin.

Le rez-de-chaussée est aménagé en salles d’exposition et les étages redistribués en une bibliothèque documentaire, un salon XIXe, des bureaux et des salles de réception.

Le château devient alors la « Maison Littéraire de Victor Hugo », inaugurée le 21 juin 1991, musée privé qui abrite une collection prestigieuse d’éditions originales rares, manuscrits, dont cinq classés au titre des monuments historiques, lettres autographes signées, photographies, gravures d’époque et sculptures.

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